L'apprentissage

Durant ces deux années-là, j'essayais d'exister sans amour, uniquement dédié a mon travail.
Je m'investis totalement à la photographie, et au popaduc, je travaillais je peignais je faisais de temps en temps des petites expositions notamment avec les artistes peintres et médecins, et je courrais les rendez-vous auprès des attaches de presse.

J'exposais également aux beaux-arts, une exposition commune de photographies.

Souvent le soir je regardais par la fenêtre je guettais voir si je verrai la Honda 125 noire de JL se garer en bas du 153 de la rue Championnet, mais c'est le cœur triste et la tête rongée par la peine que je n'arrivais pas à dormir.
Alors je sortais, le BH, le studio A, je cherchais a m'étourdir, et le jour je travaillais et courrait les attachées de presse et DA, mais je ne l'oubliais pas, je crois que jamais je n'ai aimé comme ça, et jamais plus je n'ai aimé ainsi. Ces années-là furent très sombres, le Sida effrayait tous les jeunes et toute la société.
Mais la première campagne de dépistage bouleversait le quotidien graphique sur les panneaux publicitaires, a la télévision aussi, personne ne pouvait y échapper, difficile aussi d'échapper a la coupe BCBG de Michèle Barzach et a son rouge a lèvres rouge intense.
Nous arrivâmes ainsi au mois de juin 1987, je me décidais à faire un test de dépistage.
Ma mère et le reste de la famille nous avions pour médecin de famille le frère médecin de la fratrie Boukris, c'est d'ailleurs ma mère qui m'envoya chez lui. Je lui dis que j'avais peur d'avoir contracte une MST, il écrivit une ordonnance et me dit:
Allez a la clinique Alpha pour faire votre test, je les connais bien
En sortant de chez lui je m'y dirigeai, c'était de l'autre cote du boulevard a la rue Riquet. Je rentrai dans le laboratoire, présentai l'ordonnance d'examens, l'infirmière a l'accueil me demanda d'attendre, je m'assis et voyais en face de moi une dame noire avec son bébé dans les bras et un garçon a cote d'elle.
Le docteur Cohen, directeur de la clinique, vint vers moi, nous rentrâmes dans une pièce il procéda a des frottis puis aux prélèvements sanguins.
Nous vous contacterons des que nous aurons les résultats."

Depuis plusieurs mois dans le milieu de la pub on ne parlait que de lui
Et Je venais tout juste de décrocher un essai pour Phildar, chez CLMBBDO. J'avais rencontré Bruno Lemoult, je lui avais dit:

"Que perdez-vous? Au mieux vous aurez un chef d'œuvre, au pire une œuvre intéressante!"
Il avait aimé, et me donna ma chance, je passais au service de facturation ou j'eu une avance et je rentrai chez moi.
Cela faisait tout de même près de 2 semaines que je n'avais pas de nouvelles de mes examens, je me décidais a appeler le laboratoire.
"Le docteur Cohen souhaite vous voir...

Je prenais le Bus et me rendais au Laboratoire, j'avais encore la facture de chez CLMBBDO dans la main.
Je remarquai bien le visage grave de la réceptionniste quand j'arrivai.
Veuillez patienter. le docteur Cohen va vous recevoir, je rentrai dans son bureau, ses cheveux blanc, sa tête rondouillarde pourtant son visage était ferme:

"Asseyez-vous", me fit-il d'un geste de la main en me montrant un des fauteuils en face de son bureau, un fauteuil de cuir noir

Voilà, vous êtes séropositif...
Une explosion dans ma tête,
...Il n'y a pas d'erreur possible nous avons fait tous les test de contrôle...
Je reste sans réaction, je marche mécaniquement, j'ai les yeux embues, dans ma main gauche la facture de l'essai Phildar, dans la droite mon certificat pour la mort.

Rue de la chapelle, assis sous l'abri Bus du 60 qui m'amènerai vers l'appartement de mes parents, je commence à pleurer, et je sens combien ma main droite est lourde, et le futur que je serre dans la gauche devient si tenu...Je regarde devant moi, une dame âgée vient vers l'abri bus elle a remarqué que je pleure, elle hésite à venir me dire quelque chose, mais elle ne le fait pas, elle ne l'a pas fait et ne le fera jamais, comme personne n'a jamais su trouver les mots qui me réconforterait désormais.

En rentrant dans l'appartement je dis à ma mère:
"Je suis séropositif

Elle ne dit rien.
J'enrage pas contre elle mais contre ce destin qui vient de me briser les ailes, je lui demande

Si je pars avant et que je n'y arrive pas, s'il te plait essayez de faire connaitre mon travail" Je disais ça, je pensais encore que nous étions une famille...

Elle me dit:

Robert, tu n'en parles pas, personne ne doit savoir. J'en ai parlé a deux filles à ma cousine Cathia et a une amie d'enfance Brigitte.
Je me souviens d'ailleurs de ce rendez-vous à la place st opportune aux Halles en face de la fontaine Lescot, ou j'annonçais a Brigitte et a une de ses amies, Christine, une brune a la tête toute ronde et aux énormes boucles d'oreille.

En nous quittant je me souviens de l'hésitation et du dégout de Christine au moment de faire la bise: "Ne t'inquiètes pas, ça ne s'attrape pas comme ça..."

Je compris que ce devait rester un secret

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Commentaires

11.04 | 09:10

C'est une composition mixte, Résine, volière enduit au pinceau, feuille d'or, acrylique, bois et plastique, passez le bonjour à vos parents de ma part

...
11.04 | 09:07

Je ne sais pas si c'est votre père qui l'avait acquis vers 1991, je me souviens très bien de ce jour, il m'a dit que c'était son cadeau pour ses 50 ans

...
10.04 | 23:57

Bonjour,

C'est exact !
Déménagement de papa ne permettant pas de l'exposer dans son appartement par manque de place...
Quelle est sa composition ?

Cdlt

...
10.04 | 07:36

Bonjour Xavier, Avec un chiffon légèrement humide.
Etes-vous le nouveau propriétaire?

...
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