1995 - Le réveil - L'affaire Biomed Ibex

Même si le réveil se fit par degrés il fut brutal.
C'est pendant ma relation avec Jean François que je remarquais que mes gencives saignaient.
Quelques documentaires télévisés sur le Sida expliquaient que ça pouvait être un des symptômes de la maladie.
Vers le mois d'Avril je fis une belle vente, mais je croyais que j'étais sur ma fin.
Alors une idée folle, si je ne dois plus plaire ici-bas, alors je serais beau pour D. 
Cet argent me servirai à m'enlever la poitrine que je trouvai trop visible (en tant qu'ancien gros), alors je décidais de voir un chirurgien plastique.
Depuis longtemps j'entendais le nom de Bernard Sillam, un homonyme, Je voulus le joindre. Je trouvais ses coordonnées dans l'annuaire, à Paris dans le XVI.
J'arrivai au rendez-vous, il était étonné par notre nom de famille commun, il me proposa une liposuccion, nous convînmes de la date, il m'invita à passer à la réception.
La réceptionniste une fille blonde a l'accent des pays Nordique me donna une ordonnance pour des tests sanguins, parmi eux je vis le test VIH. Je la regardai et lui dis: non je ne ferai pas ce test, je sais qu'il n'est pas obligatoire, il n'est pas question que je le fasse!
Elle appela le docteur Sillam qui vient a la réception, il mit près d'une demi-heure à me convaincre de faire le test, que les analyses se ferait a quelques pas, que je n'avais rien à craindre, etc. etc.
Je décrochai, je redevenais le faux indiffèrent face à ma mort imminente. En sortant de là je me rendais vers le laboratoire, je suivais mécaniquement l'infirmière, elle me fit la prise de sang collectant dans différents flacons ce sang que je savais souille, malade. Elle me dit, vous aurez les résultats dans 48 heures.
Dans le métro je me disais que j'avais été un abruti, qu'ils allaient savoir, que je serai fiche, je n'aurai jamais cette opération!
De retour à l'appartement de Montmorency, la longue attente commençait. Nous étions pendant la période électorale présidentielle, ce Dimanche-là on voterait. La date butoir du Vendredi arriva, mais je ne reçus pas d'appel du cabinet médical. Chirac fut élu le dimanche 7 Mai. Le Lundi j'appelai le cabinet médical, je n'avais toujours rien reçu.
-Un instant je vérifie...après de longues minutes elle me dit:
-Tout va bien les analyses sont bonnes
...
-Pardon?
-Oui tout va bien
-vous êtes sûre, rien n'est anormal?
-non les résultats sont bons
Je me disais qu'ils avaient dû se tromper, j'insistai
-Je vous assure que tout est bon
Je raccrochai...
J'étais enfonce dans le grand fauteuil de cuir couleur ivoire, tout se bousculait dans ma tête
"C'est impossible, ils ont du faire erreur, les minutes passaient puis une demi-heure puis 3/4 d'heure, je décidai de rappeler
-Oui c'est Robert Sillam, vous avez du vous tromper, les analyses sont fausses, je racontais les tests de 1987, la réceptionniste écoutait, elle dit enfin:
-Je vois que les tests VIH sont négatifs, et que le reste des analyses est bon, je vais transmettre vos objections au docteur Sillam, on vous tiendra au courant.
J'avais déjà Rendez-vous avec le médecin pour l'opération.
La semaine suivante je me rendis a son cabinet
-"c'est une histoire de fous, après votre coup de fil, j'ai appelé le laboratoire, je les ai traité de tous les noms, ils ont fait et refait les tests, mais ceux-ci sont bien négatifs, non seulement vous n'êtes pas malade mais vous ne l'avez jamais été: C'est un Sillam qui rend la vie à un autre Sillam"
L'opération pouvait avoir lieu.
J'en sortis 2 fois plus gonfle, portant des bandages partout "souvenez-vous après une semaine prenez un bain et enlevez les bandages avec de l'éther, n'oubliez pas de toujours porter la gaine pendant au moins un mois."
Je savais déjà que ça prendrait au moins 2 mois avant d'apprécier les résultats.
J'avais donc du temps devant moi...
Il fallait maintenant récupérer les analyses que j'avais déchiré pendant ma relation avec Christophe.
Dès le début, ce fut une bataille difficile, parsemée a la fois d'erreurs et de réussite, de coups bas, de traitrise, de tes peu de solidarité, mais je me suis acharne, après tout j'avais développé inconsciemment un sacré instinct de survie.
Je commençais par appeler la clinique Alpha et le docteur Cohen qui était le directeur du laboratoire de la clinique Alpha et avait procédé aux prélèvements lors de la prise de sang en 1987.
Pour tout dire, après toutes ces années je n'arrivais pas à croire que j'étais séronégatif au sida, je pensais avoir fait une séroconversion.
J'imagine combien le docteur Cohen a du rire dans son for intérieur lorsque j'ai évoqué une possible séroconversion et que je désirais récupérer les analyses de 1987. Mais il commit une erreur: "Vous savez quoi? Je vous conseille d'oublier cette histoire!
-Quoi? Vous m'avez gâché ma vie et vous me conseillez d'oublier cette histoire? C'est certainement la dernière chose que je vais faire!"
Je raccrochais, et appelai aussitôt le cabinet du docteur Sauveur Boukris:
On me dit de rappeler le lendemain, ils allaient chercher un double.
Le lendemain la réponse fut que les archives avaient été perdues, très sérieux pour un médecin, tout ça...
Alors comme lors de mon armée, lorsque j'écrivais au Président Mitterrand et au ministre de la défense Charles Hernu, je repris la plume et je rédigeais un courrier au conseil de l'ordre des médecins.
C'est la semaine suivante que je reçu une réponse non pas du conseil de l'ordre des médecins National mais du conseil départemental de l'ordre des médecins. Dans ce courrier on me faisait savoir que c'était un laboratoire sous-traitant Biomed Ibex qui avait fait les analyses, et le conseil départemental de rajouter: "la responsabilité du docteur Cohen ne semble pas engagée" ben voyons, ils se substituent a la justice maintenant...
Je les appelais demandant a recevoir une copie de ces analyses, j'écrivis également un courrier, par téléphone et par courrier on me conseilla de la demander directement au laboratoire de la clinique Alpha, ce que je fis, bien sûr, en joignant une copie du courrier du conseil de l'ordre.
Et je reçus dans les jours qui suivirent une copie de mauvaise qualité d'un test du sida avec le western blot positifs tous les deux sur la même page a en tête du laboratoire Biomed Ibex.
Cela ne correspondait en rien aux analyses de 1987 que j'avais déchirés. Biomed Ibex, je découvrais ce laboratoire pour la première fois, mais je voulais en savoir plus. Je cherchais dans l'annuaire ce qu'il en était de ce laboratoire en question. de questions en questions j'appelais la femme du laborantin en question et je lui expliquais ce que je vivais, elle me demanda de rappeler le lendemain, prétextant que son époux n'était pas au domicile.
Le lendemain elle me fit savoir que le laboratoire était liquidé et qu'ils n'avaient aucun compte à rendre. Là je compris que quelque chose n'était pas net.
Cette investigation fut longue et entre le mois de Mai ou j'appris ma séronégativité et l'obtention des analyses présumées de Biomed Ibex, nous arrivions a la veille de 1996. Je cherchais dans l'annuaire un avocat a proximité de mon domicile, vers Enghien les bains, je voulais un avocat homme, mais l'avocat associe sur lequel je comptais n'était plus dans ce cabinet on m'orienta vers "maitre" Ghislaine Camus, j'expliquai un peu l'affaire et le rendez-vous fut pris pour le début Janvier. Parfois dans l'urgence de la situation et quand on a personne pour vous conseiller on fait de mauvais choix, ce fut le cas.
Jean-François qui était chirurgien ophtalmologiste a la fondation Rothschild venait de décrocher un bon contrat au Mali a Bamako pour approfondir et traiter des maladies cognitives des yeux, il liquida son cabinet d'ophtalmologie et s'installa dans ce pays. Je ne lui dis rien de ce que je vivais.
Début Janvier 1996 je me rendis au rendez-vous chez Maitre Camus, la première impression fut celle d'une assistante laide, et sèche. Puis une très longue attente dans la salle, avant d'être enfin reçu dans son bureau, l'attente c'était là la marque de fabrique de cette avocate, avec un autre défaut, que l'on verra plus tard.
Des cheveux teints en roux ou une couleur châtain qui vire au roux, en tous cas très mal fait. Une version en moins désagréable mais pas très heureuse non plus de son assistante, une voix très douce par contre. Je lui expliquai, mais comme une histoire, en progression, et quand j'arrivai a: "Je n'ai plus les analyses d'alors, je les ai déchirées, je la vis secouer la tête de gauche à droite en signe de négation et vis ses mains se caler sur son bureau dans un geste de fin de non-recevoir, mais je rajoutais, finalement "grâce" au conseil départemental de l'ordre voici ce que j'ai obtenu, et je lui tendais la copie de l'analyse, tout de suite un sourire s'étalant du lobe de l'oreille droite a celui de l'oreille gauche marqua son visage.
La procedure était lancée.

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Commentaires

11.04 | 09:10

C'est une composition mixte, Résine, volière enduit au pinceau, feuille d'or, acrylique, bois et plastique, passez le bonjour à vos parents de ma part

...
11.04 | 09:07

Je ne sais pas si c'est votre père qui l'avait acquis vers 1991, je me souviens très bien de ce jour, il m'a dit que c'était son cadeau pour ses 50 ans

...
10.04 | 23:57

Bonjour,

C'est exact !
Déménagement de papa ne permettant pas de l'exposer dans son appartement par manque de place...
Quelle est sa composition ?

Cdlt

...
10.04 | 07:36

Bonjour Xavier, Avec un chiffon légèrement humide.
Etes-vous le nouveau propriétaire?

...
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